Aller au contenu
Ok César

Exporter son vin : Une bouteille, un pays, une contre-étiquette.

États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Japon, Chine : ce que disent les administrations, mention par mention, et ce qu'il faut régler avec l'importateur avant l'impression.

L'essentiel

  • Un vin exporté reste soumis aux règles d'étiquetage de l'Union, sauf mentions exigées par le pays de destination, que les États membres peuvent autoriser, y compris dans une langue non officielle de l'Union.
  • Sur ces marchés, l'étiquette porte le plus souvent le nom d'une entreprise locale (importateur, distributeur ou agent). Aux États-Unis, l'importateur détient l'approbation d'étiquette (COLA) ; au Japon, il déclare l'étiquetage à la douane.
  • À partir du 19 septembre 2027, les vins exclusivement destinés à l'export sont dispensés de liste d'ingrédients et de déclaration nutritionnelle (règlement 2026/471). Voir le guide sur l'étiquette numérique.
  • Les règles évoluent et l'importateur fait foi : faites-lui valider le texte avant l'impression.

1. Ce que dit l'Union européenne

Le règlement délégué 2019/33 (article 42) pose le principe : un vin dont l'étiquette n'est pas conforme aux règles de l'Union ne peut ni être commercialisé dans l'Union, ni être exporté. Il prévoit une exception : si le pays tiers l'exige, les États membres peuvent autoriser des mentions incompatibles avec les règles européennes, y compris dans une langue non officielle de l'Union.

Pour les ventes dans l'Union, la DGCCRF rappelle que les mentions obligatoires doivent être facilement compréhensibles par le consommateur : une traduction dans la langue du pays de consommation est nécessaire, le cas échéant.

Liste d'ingrédients et nutrition à partir de 2027

Le règlement (UE) 2026/471 ajoute à l'article 119 du règlement 1308/2013 une dérogation : la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle ne s'appliquent pas aux produits vitivinicoles destinés exclusivement à l'exportation. Cette disposition s'applique à partir du 19 septembre 2027. Une cuvée vendue aussi en France garde donc ses mentions, et certains marchés demandent leurs propres informations (voir plus bas). Le détail de ces mentions est dans le guide pour créer son étiquette numérique.

2. États-Unis

Source : le TTB (Alcohol and Tobacco Tax and Trade Bureau). Les exigences ci-dessous visent les vins à partir de 7 % vol. en contenant de vente au détail.

MentionObligatoire ?Qui la fournit ou la pose
Approbation d'étiquette (COLA)Oui. L'importateur doit l'avoir en sa possession avant de sortir le vin de la douane américaineImportateur. Qui dépose la demande est à convenir avec lui
Nom et adresse de l'importateur, précédés de « Imported by »OuiImportateur (nom tel qu'il figure sur son permis)
Pays d'origineOui (règle des douanes américaines)Domaine
Teneur en alcool, contenu net, dénomination du vinOui. Le contenu net doit respecter les contenances autoriséesDomaine
« Contains sulfites »Oui à partir de 10 ppm de dioxyde de soufre totalDomaine
Avertissement sanitaire (Government Warning)Oui, au texte exact. « GOVERNMENT WARNING » en majuscules et en gras, en un seul paragraphe séparé des autres mentionsTexte imposé. Domaine ou importateur, à convenir

Deux nuances du TTB : « sans sulfites ajoutés » ne peut s'employer qu'avec la mention « contains naturally occurring sulfites », et l'avertissement sanitaire s'applique à tous les vins importés à partir de 0,5 % vol.

3. Royaume-Uni

Sources : GOV.UK et la Food Standards Agency. Depuis le 1er janvier 2024, une règle spécifique encadre le nom de l'importateur.

MentionObligatoire ?Qui la fournit ou la pose
Nom et adresse en AngleterreOui : une entreprise établie au Royaume-Uni, dans les îles Anglo-Normandes ou sur l'île de Man, qui assume la commercialisation. Les mots « importer » ou « imported by » ne sont pas requisImportateur ou entreprise qui commercialise le vin
Nom et adresse en Écosse ou au pays de GallesOui : adresse de l'importateur précédée de « importer » ou « imported by »Importateur
Allergène (sulfites)Oui au-delà de 10 mg/L de dioxyde de soufre, avec le mot « contains » (par exemple « contains sulphites »)Domaine
Liste d'ingrédients et déclaration nutritionnelleNon pour les boissons de plus de 1,2 % vol. (texte britannique du règlement 1169/2011)Sans objet
Unités d'alcool et avertissements sanitairesNon, pas obligatoires pour le vinSans objet

La langue de la contre-étiquette et le modèle attendu ne figurent pas dans ces pages : demandez-les à votre importateur.

4. Canada

Source : l'Agence canadienne d'inspection des aliments (CFIA), outil d'étiquetage pour l'industrie.

MentionObligatoire ?Qui la fournit ou la pose
Nom usuel du vin, selon les normes canadiennesOui, en anglais et en françaisDomaine
Teneur en alcool (« X % alcool par volume » ou « alc./vol. »)Oui à partir de 1,1 %, sur la face principale, dans les deux languesDomaine
Pays d'origineOui, sur la face principale, en anglais et en françaisDomaine
SulfitesOui à partir de 10 ppm, même pour les boissons dispensées de liste d'ingrédientsDomaine
Importateur, formule « Imported by / Importé par » ou nom du fabricant étrangerOui, selon l'une des trois formules de la CFIA : fabricant étranger, société canadienne près du pays d'origine, ou « Imported by » suivi de la société canadienneÀ convenir avec l'importateur
Tableau de valeur nutritive et liste d'ingrédientsGénéralement non au-dessus de 0,5 % vol. (tableau) ; les vins aux normes sont dispensés de listeSans objet

Le Canada impose aussi des contenances normalisées pour les vins importés (par exemple 750 mL), et les régies provinciales peuvent ajouter leurs exigences.

5. Japon

Source : la douane de Tokyo (document du 1er octobre 2023). L'importateur doit afficher les mentions sur le contenant au plus tard au retrait du vin de la zone sous douane, et en déposer le modèle à la douane.

MentionObligatoire ?Qui la fournit ou la pose
Nom (après « 輸入者 ») et adresse de l'importateur titulaire de la licence de vente d'alcool, lieu de retraitOui, en caractères japonaisImportateur
Catégorie (« 果実酒 » pour un vin), contenance, teneur en alcool, pays d'origineOui, en japonais, en caractères d'au moins 8 pointsImportateur, d'après vos informations
Additifs, par exemple antioxydant (sulfites)Oui lorsque le vin en contientImportateur, d'après votre fiche de cuvée
Mention d'interdiction de l'alcool aux moins de 20 ansOui, en caractères japonais d'au moins 6 pointsImportateur
Déclaration de la méthode d'étiquetage à la douaneOui, avant le retrait ; valable dans toutes les douanes tant que son contenu ne change pasImportateur, qui peut la confier à son transitaire

Les tailles de caractères minimales varient selon la mention et la contenance : faites relire la maquette par l'importateur avant l'impression.

6. Chine

La source consultée est américaine et non chinoise : la page du TTB sur le marché chinois, qui renvoie aux normes chinoises (GB 7718 pour les denrées préemballées). La version GB 7718-2025 est annoncée pour mars 2027. Vérifiez la dernière version avec votre importateur.

MentionObligatoire ?Qui la fournit ou la pose
Étiquette en chinoisOui, toutes les mentions ci-dessous en chinoisÀ convenir avec l'importateur
Nom et adresse de l'agent, de l'importateur ou du distributeur chinoisOuiImportateur chinois
Pays d'origine, nom du produit, type de vinOuiDomaine, texte traduit
Volume net et teneur en alcool (format « xx,x % vol. »)OuiDomaine, texte traduit
Liste d'ingrédients et teneur en sucre (g/L)Oui d'après le TTBDomaine, à confirmer avec l'importateur
Avertissement « boire avec excès nuit à la santé »Oui d'après le TTBÀ convenir avec l'importateur
Date de durabilité minimalePour les vins de 10 % vol. ou moins, d'après le TTBDomaine

Avant de signer avec un importateur

Les règles varient d'un pays à l'autre et dans le temps : c'est l'importateur qui connaît la version en vigueur, et qui présente l'étiquette à l'administration aux États-Unis comme au Japon. Posez-lui ces questions avant la signature.

  1. Qui fournit le texte de la contre-étiquette : vous (avec traduction) ou lui ? Qui valide la version finale ?
  2. Où est collée l'étiquette : au chai avant le départ, ou chez l'importateur ou en entrepôt à l'arrivée ?
  3. Quels délais : approbation d'étiquette aux États-Unis, déclaration à la douane au Japon. Demandez le délai constaté et ne lancez l'impression qu'après la réponse.
  4. Quel document prouve la validation : approbation, bon à tirer signé, déclaration reçue.
  5. Que se passe-t-il en cas de refus à l'entrée : qui supporte le réétiquetage ou le retour ?
  6. Une étiquette pour tous les marchés ou une par pays ? Un vin exclusivement exporté pourra se passer de liste d'ingrédients à partir de 2027 pour l'Union, mais pas si le pays de destination l'exige (la Chine, d'après le TTB), ni s'il est vendu aussi en France.
  7. Qui avertit l'autre quand la règle du pays change.

Du pays à la préparation de commande

Une même cuvée peut partir sous trois habillages : contre-étiquette américaine avec « Imported by » et avertissement sanitaire, britannique avec l'adresse de l'entreprise établie au Royaume-Uni, française avec les mentions de l'Union. Le risque est de mélanger les habillages au moment de la préparation.

  • Rattachez à la fiche produit, pour chaque client et chaque pays, la contre-étiquette validée par l'importateur.
  • Conservez le modèle signé et sa date avec la fiche, pas dans une messagerie.
  • Contrôlez au départ les trois éléments d'un colis : produit, étiquette, contre-étiquette. La méthode est décrite dans le guide sur la préparation de commande et la traçabilité.
  • Notez le lot expédié pour chaque client : voir le guide sur le numéro de lot.

Sources

Textes officiels et pages consultés le 7 octobre 2026. Ce guide est une aide pratique : en cas de doute, les textes et l'administration font foi.

Questions fréquentes

Une autre question ? contact@okcesar.fr

Faut-il une contre-étiquette différente pour chaque pays d'export ?

Le plus souvent, oui. Le nom de l'importateur, la langue (anglais et français au Canada, japonais au Japon, chinois en Chine) et certaines mentions propres au pays, comme l'avertissement sanitaire américain, varient d'un marché à l'autre. Le règlement délégué 2019/33 permet d'ailleurs aux États membres d'autoriser des mentions exigées par le pays tiers. Faites valider le texte par votre importateur avant l'impression.

Faut-il faire approuver son étiquette pour vendre aux États-Unis ?

Oui pour les vins à partir de 7 % vol. en contenant de vente au détail : l'importateur doit détenir un certificat d'approbation d'étiquette (COLA) du TTB avant de sortir le vin de la douane américaine. Qui dépose la demande se règle avec lui. Ne lancez pas l'impression avant d'avoir la réponse.

Mon vin exporté devra-t-il porter une liste d'ingrédients ?

Pour l'Union, à partir du 19 septembre 2027, les vins destinés exclusivement à l'exportation sont dispensés de liste d'ingrédients et de déclaration nutritionnelle (règlement 2026/471). Un vin vendu aussi en France garde ces mentions, et le pays de destination peut avoir ses propres règles : la Chine, par exemple, les demande d'après la page du TTB. Vérifiez avec l'importateur.

Quel nom d'importateur indiquer sur une bouteille destinée au Royaume-Uni ?

Pour l'Angleterre, le nom et l'adresse d'une entreprise établie au Royaume-Uni, dans les îles Anglo-Normandes ou sur l'île de Man, qui assume la commercialisation du vin. Pour l'Écosse et le pays de Galles, l'adresse de l'importateur précédée de « importer » ou « imported by ». Ces règles s'appliquent depuis le 1er janvier 2024 d'après GOV.UK.

Qui colle la contre-étiquette, le domaine ou l'importateur ?

Les sources officielles consultées ne l'imposent pas : cela se convient avec l'importateur. Au Japon, les mentions doivent être en place au plus tard au retrait du vin de la zone sous douane. Précisez par écrit qui fournit le texte, qui colle l'étiquette et où, avant de signer.

Passez votre domaine sur Ok César.

Créez votre compte, choisissez vos modules et configurez votre domaine. Une question ? Écrivez-nous à contact@okcesar.fr.